Tic Tac Tom

Une pièce proche du conte. Je l’ai écrite après m’être aperçue que les évènements relatés dans les médias ne correspondaient pas à ce que j’avais pu voir en direct. Il s’agissait de raconter ce danger de n’écouter qu’un son de cloche et aussi de travailler sur la notion de point de vue. Comment je vis les choses? Comment je lis les choses?

La pièce a été jouée d’abord dans une mise en scène d’Isabelle Turschwell puis dans une mise en scène de Charles Lee avec aux illustrations originales Bruno Forêt, au paysage sonore Rémy Peray.

Mais aujourd’hui justement, Tom ne sait plus très bien où il en est…

« Vous avez vu comme il est laid, Tom est laid, comme il est laid ! » A la dernière récréation, Jeremy en a fait une chanson. Et les autres riaient et reprenaient en cœur la chanson de Jeremy. Sauf Marie. Juste avant de leur tourner le dos, Tom l’a vue qui le fixait tout droit. Elle ne disait rien. Elle ne parle presque pas Marie mais qu’est-ce qu’elle regarde ! Et elle le fait très bien. Même retourné, Tom entendait toujours la chanson de Jeremy. Alors il s’est réfugié dans le préau jusqu’à l’heure de rentrer en classe. A son bureau il a regardé la grande aiguille de sa montre descendre et monter et redescendre jusqu’à ce qu’elle se pose tout en bas pour marquer 16h30. Il n’a rien regardé d’autre, il n’a rien écouté que le tic tac de sa montre qui égrène les secondes : « Tic, Tom est laid, Tac, comme il est laid ».