A bout de souffle

A bout de souffle

(…)

Par la bouche , on avale, on transforme en vapeur nos lourds cafards, nos douces peines, et les bonheurs, et les riens, tout y passe. On scande à coup d’aspirations frénétiques nos moindres événements.

Toute attente se grise d’un contact qui nous lie au dehors par le dedans de nos lentes inspirations. On s’enferme pour la beauté du geste dans un cercle vicié, on se protège dans un souffle court, nos mains sont toujours occupées et tant pis pour l’haleine chargée, les pores dilatés, tant mieux pour le ventre plat et cet air dégagé.

Tout acte est un rituel, un événement bon à fêter, de la mort à la vie, de l’envahissement à l’absence, chaque blonde me décline et me porte au sursis

(…)

Marion Bonneau