l’Adieu

(…)

Ce jour nous a trouvé dans cette immense attente accrochée à ton dernier souffle.

Tu respirais plus souvent cet après-midi, secoué de temps à autre d’un soubresaut comme un réflexe à vivre.

Nos regards se tournent en même temps vers ton corps gisant sous les draps jaunes.

Ta peau est comme de la soie, je te le répète souvent. Je persiste à te dire que je te trouve beau. Je poursuis, entêtée ce jeu de charme que nous aimons entretenir.. Tes paupières mi – closes s’animent de plus en plus rarement. Je compte tes battements de cils.

L’hôpital, ses relents de cuisine, ses odeurs suffocantes , le sourire des infirmières qui savent, celui de cette vieille dame aux cheveux blancs qui s’approche de ton lit tout en douceur, qui scrute et s’en va, tout se mêle dans une terrifiante lenteur.

(…)

Marion Bonneau