Obsession du lieu

(…)L’obsession du lieu. Trouver un en-droit où vivre s’imposerait comme une évidence. Trouble de cet endroit, simple vertu d’une solitude à reconquérir sans cesse. Je cherche. J’essaie, je m’émeus et je fais semblant d’y installer mes meubles pour toujours. Je m’endors sauvée, repue par la vue magnifique du dehors, étreinte en douceur par ces murs , pénétrée par l’odeur toute nouvelle de cet espace. Il y a un sentiment de posséder ces pièces, de pouvoir partir à la découverte intime de leur recoins, sans hâte : le temps nous appartient. C’est le possible qui crée la volupté.

On détaille les aspérités émouvantes de la peinture, par endroit écaillée, ou au contraire élégamment laquée, posée là par un autre désir que le mien, d’autant plus attachants qu’ils ont été pensés sans moi.

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Marion Bonneau