Piano Bar

(…)Une chaire de femme, avec des doigts qui inventent les notes qu’elle frôle sur le clavier ivoire d’un piano, au fond d’une salle abandonnée par la lumière, pas par les gens. Elle affûte ses rêves à la manière d’un orfèvre. Elle s’amuse à défier la réalité de nos maux : ce sont toujours les mêmes qu’on décline. La place est libre, sans encombre pour avancer dans son aventure mélodieuse que ses mains font couler. Les yeux dans l’obscurité s’imprègnent de son regard habité. On reste sur le bord du mystère des films qu’elle projette. On ne bouge plus, on se suspend à son vertige.(…)

Marion Bonneau