Terre inconnue

Une agitation, un souffle qui grimpe dans cette colonne de vie, ce grand soupir de vie. Quelque chose qui monte, diffus, dans une chaleur inconnue qui ressemble à des bras emmêlés. Une sorte de chaleur, je ne peux pas dire mieux. On s’y engouffre sans le savoir, on ne s’en rend compte qu’après lorsqu’on y est. L’eau est à fleur d’échine, ça dégouline doucement, sans frisson désagréable, on se laisse mouiller. On est rempli de tout cet air liquide, on ne sait plus où regarder parce que les visages sont nombreux et souvent incertains. Il faut le temps de les laisser émerger dans la conscience, d’abrutir le silence, de le rendre bête à l’approche de leur mystère. (…)

Marion Bonneau