Aveu

Aveu : là je suis prête à m’ouvrir.

Aveu : là je suis prête à aimer.

Par un sourire autrement sur ma vie, j’entends le frisson de la chute à tenter.

Comme on meurt sans doute, je sens l’appel irraisonné d’un vocabulaire à réinventer.

Y’a pas, faut ça. Ce soleil qu’on sait pas en dedans nous balade. C’est dans l’air, on le devine, on abandonne, on s’abandonne. J’aime autant pas tout savoir. Il est question de s’arracher aux dernières solitudes que flattent la peur, la mémoire, la mauvaise, la pire.

Fragile à me casser, brisure à ramasser, lambeaux de petite fille fermée… je me défais sans l’assurance d’un paradis à ma portée. Ne plus attendre, se fondre, voluptueuse et câline, à perte, à vide, à flamber. C’est pas la vie, c’est pas la mort qu’on sait là. A proximité, une vieille femme insaisissable sous ses faux cils… c’est le regard qu’on détourne.

Abandonner les jérémiades, de très haut, casser le vertige, dominer cette somptueuse attirance vers le vide (…)

Marion Bonneau